Les Contours du monde – 42e Estivales Photographiques du Trégor

Photo de l’affiche Florence Joubert – Gardiens du temps

Les Contours du monde

Emmanuel Gourdon, Florence Joubert et Aurélie Scouarnec transforment le paysage en territoires de fictions mythologiques, et explorent les limites géographiques et temporelles. Perdus au-dessus des nuages, émergeant du fond des lacs ou tapis au creux des forêts, les mondes qu’ils inventent apparaissent à la marge de la représentation, oscillant entre un ancrage profond dans la matière des éléments naturels et une forme d’indicible, de sacré.

En salle 1, l’ample série de Florence Joubert, Gardiens du Temps (2017-2020) s’attache à retranscrire le quotidien des quatre salariés du météosite du Mont Aigoual, dernier observatoire météorologique habité de France, situé sur le toit des Cévennes. Dédiant leur vie à l’observation et au relevé de phénomènes naturels, ils vivent dans une forteresse soumise à un climat extrême. À mesure que la photographe dessine une sculpturale galerie de portraits de ces hommes et de cette femme, les divinités tutélaires des temps ancestraux et panthéistes s’incarnent soudain, parés de leurs attributs, au sein d’un paysage olympien inondé de lumières irréelles.

Emmanuel Gourdon redéploie en salle 2 vingt ans de créations, depuis ses premières séries (Théâtre d’ombre, 2000 ; Résurgence, 2004-2005) jusqu’à Entre-deux mondes (2015-2020), des installations inédites (également dans la vitrine de la salle 1) et une nouvelle série créée dans l’obscurité de son confinement (Phytocénose, 2020), irradiant répertoire de formes hybrides. Cet artiste ancre sa pratique, proche du land art, dans une observation attentive de la nature, dans laquelle il puise le terreau de ses oeuvres. Guidé par le regard de l’enfance, il est inventeur de mondes, trompe-l’oeil qu’il met en scène en jouant sur l’illusion et le désir de croyances.

Les deux séries présentées par Aurélie Scouarnec en salle 3 (Anaon, 2016-2018, et Anamnêsis, 2019-2020) entrelacent récits originels et puissance élémentaire de la nature. Elles révèlent une relation fusionnelle et organique avec le paysage, lieu de cérémonies secrètes et de cosmogonies qui entremêlent, entre apaisement et fureur, corps et matières naturelles. Nimbées d’une lumière sombre et vacillante, elles semblent sur le seuil entre visible et invisible, formel et informel : l’apparition de la forme dans le chaos originel.
Entre macrocosmes et microcosmes, ces trois univers puisent dans une mémoire qui remonte à la nuit des temps : ce sont des mondes dont les contours se souviennent, résistent et poétisent.

Eric Bouttier, directeur artistique de L’Imagerie

Exposition du 11 juillet au 26 septembre 2020 à L’Imagerie
Horaires du samedi 11 juillet au dimanche 30 août : ouvert tous les jours de 10 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 18 h 30, sauf jours fériés

Visites commentées des expositions par Eric Bouttier, directeur de L’Imagerie :
jeudi 30 juillet à 15 h, mardi 25 août à 15 h et jeudi 17 septembre à 18 h
L’Imagerie – 19 rue Jean Savidan – 22300 Lannion
tel 02 96 46 57 25 – Courriel contact.imagerie@orange.fr
Site web de l’Imagerie


Emmanuel Gourdon – Entre deux mondes


Aurélie Scouarnec – Anaon

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